Oublié des flops 2012, il semblerait que Disney a réussi à réduire au silence le fiasco du film d'Andrew Stanton qui pourtant était amené à devenir un chef d'oeuvre de la science-fiction. La bande-annonce, et il faut l'avouer, était prometteuse de belles images en action avec, en fond sonore, la puissante voix de Peter Gabriel (l'ex chanteur des Genesis avant Phil Collins) qui, pour l'anecdote, avait déjà travaillé avec Stanton sur la B.O de Wall-E. Certains criaient à un "réchauffé" d'Avatar (qui était déjà un réchauffé de pleins d'autres films) d'autres attendaient avec impatience l'adaptation en live de l'oeuvre d'Edgar Rice Burroughs, le créateur de Tarzan.
De belles promesses pour un film qui a rencontré de nombreuses difficultés au tournage (retour d'un an en post-prod). Le producteur Jim Morris avait déjà proposé une adaptation de la BD il y a plusieurs années mais le projet avait été annulé, faute de de moyens technologiques suffisants. Après Brad Bird (les Indestructibles, Ratatouille) et son merveilleux dépoussiérage de la saga Mission: Impossible, c'était le tour de Andrew Stanton (Le Monde de Némo, Wall-E) de prouver une fois de plus que les têtes d'affiches de chez Pixar sont de véritables génies du cinéma. On ne pouvait que y croire quand on sait le potentiel de Stanton pour nous livrer de fabuleuses odyssées romantiques aussi bien sous l'eau que dans l'espace. Et c'est exactement ce qui était attendu !
Hélas, le film sorti ne répond pas vraiment aux attentes. La première raison doit être la 3D qui est inutile et de mauvaise qualité. La deuxième raison: beaucoup trop de bla bla ! La volonté de créer un esprit shakespearien est intéressante mais encore eusse t-il fallut que les acteurs sussent bons ! (quelle maitrise du subjonctif !). Taylor Kitsch est purement victime du jeu de mot que lui procure son nom de famille. C'est dommage car il y a quand même de bonnes images comme prévu mais beaucoup trop long et en manque de scène d'action intéressante. La seconde bande annonce avait annoncé une scène de combat en arène avec des sortes de "grands gorilles blancs". De souvenir, la scène dure à peine 5 minutes parce que "Taylor il est trop balaise". Voilà, tout repose sur le cliché du héros extra fort "terminateur". Même la scène de bataille est baclée par la surpuissance de John Carter qui bat toute une armée à lui seul. C'est dommage quand on sait que la mise en situation du héros face à des faiblesses et des ennemis plus fort que lui est extrêment en vogue dans le cinéma spectaculaire (The Dark Knight Rises l'a prouvé après). Il manque d'un super bad guy pour faire taire Taylor Kitsch qui en plus de deux heures devient très agaçant.
A savoir en plus que ce film, après avoir reçu des critiques plutôt mitigées et un fiasco innatendu, a coûté plus de 200 millions de dollars à Disney; somme qui n'a donc pas pu être rentabilisée. Ce qui a provoqué la démission du patron des studios Rich Ross, après 15 ans de postulat. Heureusement, le géant des médias et du divertissement a su remonter la pente quelques mois après avec le succès de The Avengers puis du rachat de Lucas Film appellant à une suite de Star Wars et provoquant l'alégresse des fans. Le non succès de John Carter est en part lié au fait qu'on y plongeait dans un univers inconnu au bataillon (ou plutôt oublié). Très peu de gens connaissent l'oeuvre de Burroughs et d'ailleurs il était quasi impossible de s'en procurer dans le commerce avant la sortie du film. Il n'est pas donc si aisé de faire ressortir de l'oubli une oeuvre majeure comme l'avait fait Peter Jackson pour Le Seigneur des Anneaux (la différence étant déjà que les fans du livre étaient déjà plus nombreux que ceux de John Carter). Il faut alors se rabattre sur quelque chose de plus proche de nous et qui reste encore dans nos coeurs, d'où le futur Star Wars.
NDLR: A la base, Stanton avait réfléchi sur l'idée d'une trilogie qui mettrait en scène l'intégralité des 11 romans d'Edgar Rice Burroughs. John Carter: The Gods Of Mars avait bien avant la sortie de John Carter, une sortie prévue pour 2014. Hélas, suite aux mauvais résultats et à un planning de futur gros blockbusters chargés (The Lone Ranger, Pirates des Caraibes 5, Star Wars VII, VII, IX, Iron Man 3, Captain America 2, Thor 2, The Guardians of Galaxy...) Disney n'a pas pu encore donné son feu vert (ni son feu rouge d'ailleurs) au réalisateur. Après, pourquoi pas ! De nombreux mauvais film ont réussi a donner d'excellentes suites (Evil Dead, Asterix, Bad Boys, Da Vinci Code...)



