Traduit en France par "Les Mondes de Ralph", le nouveau film des Studios Disney pourrait bien être le meilleur film d'animation de l'année. En tout cas l'idée de base est originale: surfer sur la vague des jeux vidéos rétro qui de plus en plus reviennent à la mode. Un véritable petit bijou d'animation qui a su combler les manques du moins bon Rebelle de Pixar sorti cet été. Ce qui est étonnant, c'est que l'on a l'impression que Disney et Pixar (qui ne sont pas concurrent puisque le premier à racheté le second) ont essayé d'échanger leur projet (leur doctrine en tout cas). En effet, Rebelle présente davantage d'aspects contesques bien apparentés à l'univers Disney dans une émancipation des codes de la princesse comme pour Raiponce tandis que Wreck It Ralph a cette force en matière d'émotion et de scénario à double-lecture maitrisée par Pixar. Ceci n'est pas anodin non plus car il suffit de garder un oeil attentif sur le générique de fin pour voir apparaitre le nom de John Lasseter à la casquette de producteur. Le même qui, rappelons-le, est le grand patron de Pixar (l'homme à la chemise hawaienne) et celui qu'on voit comme le Walt Disney du 21ème siècle (A quand le Lasseter-land ?).
Le film commence avec le nouveau logo des productions en matière de dessins animés propre à Disney ou l'on voit une image de la toute première apparition de Mickey (Steamboat Willie). Un premier rire se fait connaitre car le même logo a, pour l'occasion, été pixélisé et la musique rendue sur un format 8bit qui rappelle les sons des tout premiers jeux vidéos. On reconnait, dès lors, les geeks présent dans la salle qui seront les seuls à rire ou applaudir pour ce clin d'oeil. L'histoire se déroule dans une salle de jeux vidéos d'arcade style Pac-Man et Tetris. Ralph la casse est le "méchant" du jeu vidéo Felix Fit Junior. Il casse tout un batiment pendant que Felix répare derrière lui et à la fin Félix et les habitants balancent Ralph dans la boue. C'est un rôle rébarbatif et ingrat que Ralph mène depuis 20 ans. Le soir des 20 ans, tout le monde dans le jeu fait une fête dans le grand batiment mais Ralph n'y est pas convié. Il décide alors de s'y incustrer mais son arrivée fait fureur. Ralph gâche la fête et se fait humilier en avouant qu'il est pret à devenir un vrai héros et qu'il remportera une médaille. Il quitte le jeu et se lance dans un shoot them up (jeu de tir) pour trouver une médaille. Des complications vont l'amener dans le jeu de course Sugar Rush ou il rencontrera la petite Vanellope (une erreur de codage du jeu). Exclue par les autres, elle rêve de participer et gagner la grande course. Pendant ce temps, la disparition de Ralph met en danger le jeu Felix Fit Jr qui est menaçé de fermer.
L'intérêt du film ce sont les images et l'émotion et l'idée en elle même qui est originale. A part ça le rapport entre les deux héros nous rappelle celui entre Bouh et Sully dans Monstre et Cie (en moins bien). En effet, la volonté de "briser un mur pour y voir la vie" est une chose qui n'est pas nouvelle. Nous l'avons déjà vu dans Toy Story qui ramène les jouets à la vie ou dans encore une fois Monstre et Cie qui montre l'envers du décor de la vie des monstres qui se cachent sous notre lit d'enfant. La nouveauté c'est le thème du jeu vidéo. En tout cas, pour un dessin animé pour enfant car sinon on aurait pu citer Tron ou Spy Kids comme contre exemple. Ralph à la base rappelle le gorille de Donkey Kong. D'ailleurs, les animateurs ont d'abord tenté d'en faire un sing avant de l'humaniser (ce qui n'est pas plus mal). Il incarne le gros bonhomme effrayant au premier regard mais au grand coeur déjà vu chez Sully ou même Shrek. Vanellope, quant à elle, est un peu la paroxisme de la mini-héroine mignone et "casse-couille" à la fois, un mélange entre Bouh et Agnès de Moi, Moche et Méchant. Je parle de paroxisme dans une idée négative car l'héroine frise parfois l'humour scatophile ce qui gache un peu toute l'émotion du film (même si ça fait rire les plus jeunes) En clair, c'est du mauvais recyclage ! (Peut être en accord si l'on veut avec l'idée de base. Recycler des vieux jeux impliquerait alors recycler des personnages déja vus). La base centrale qui relie chaque jeu vidéos rappelle également le rayon terreur de Monstre et Cie même si l'idée de la mettre dans la multi-prise qui relie chaque jeu est originale et cocasse. On voyage de jeu en jeu. Il est vrai que le film apporte une variété de personnages et de décors mais on aurait aimé en voir un peu plus pour être réellement émerveillé. De nombreuses références feront rire les connaisseurs comme notamment la manette de NES en coffre fort, Un gateau qui explose en pixel, ou bien des biscuits Oreo en garde d'enceinte comme ceux du chateau de la sorcière du Magicien d'Oz.
Même si Wreck It Ralph a un bilan assez mitigé il n'en reste pas moins émouvant. On peut éventuellement verser une larme sur la morale finale. Il y a quand même une surprise finale avant le dénouement ou une intrigue qui à la base était complètement secondaire se voit mise en premier plan comme ultime péripétie ce qui est assez bien joué en somme. Je n'ai pas encore vu Les 5 légendes pour comparer ce qui fait que je ne peux pas affirmer que Wreck it Ralph sera le meilleur film d'animation de 2012 mais en tout cas c'est un film à voir en famille en ces fêtes de fin d'année.